01-03-2019

Gender&Series#7

« Genre ».

 

Tic de langage semi-argotique mais surtout sujet de société aux enjeux majeurs, ce mot et sa représentation à l’écran font débat.`

 

Clichés, stéréotypes, discriminations : certaines séries se racontent parfois sous le soleil des tropismes.

Sous celui de Canneseries, on aimerait essayer de comprendre les dynamiques à l’œuvre et de mettre à disposition chaque semaine une sélection d’articles et d’études décryptant ce thème.

Derrière ou devant la caméra, comment sont racontés, employés les individus, et les genres auxquels ils s’identifient ? Qui a voix au chapitre quand on creuse l’envers du et des corps ?

  

Qui ne dit mot consent ?

 

Paroles, paroles et paroles. Un des stéréotypes les plus courants sur les femmes est qu’elles sont bavardes comme des pies, déblatérant en continu d’interminables logorrhées dont se passerait volontiers leur entourage. Non seulement ce cliché est infondé et sensiblement idiot mais se révèle d’autant plus faux lorsqu’il s’agit de dialogue à l’écran. Les femmes n’ont pas si souvent leur mot à dire et selon le genre du film ou l’âge des personnages, de gros écarts se dessinent.

En 2016, Hanah Anderson et Matt Daniels ont recensé les dialogues de plus de 2000 films et analysé les tendances propres à la répartition du temps de parole. En effet, le test de Bechdel n’est pas toujours un indicateur très fiable et cette méthode permet d’avoir une vue d’ensemble de qui parle, dans quels films et dans quelle mesure les points de vue des uns et des autres sont pris en compte.

 

DÉCOUVRIR L’ÉTUDE

 

Par exemple, l’âge n’a pas le même effet sur la répartition du dialogue : on note une baisse conséquente du discours disponible pour les personnages féminins de plus de 40 ans quand pour les hommes la tendance s’inverse dans la mesure où le nombre de rôles masculins augmente plus on monte dans les tranches d’âge. 

 

 

Lu(ck) et approuvé

 

Mardi dernier, une lettre écrite par la grande Emma Thompson était publiée dans le Los Angeles Times pour annoncer son retrait du projet Luck produit par les studios d’animation Skydance. Envoyée au studio mi-janvier, la lettre explique en quoi l’embauche de John Lasseter chez Skydance, récemment congédié par Pixar pour plusieurs cas de harcèlement sexuel, rend impossible la poursuite du projet pour l’actrice. On vous invite à lire la lettre dans son intégralité, mais ci-dessous un premier extrait :

« As you know, I have pulled out of the production of “Luck” — to be directed by the very wonderful Alessandro Carloni. It feels very odd to me that you and your company would consider hiring someone with Mr. Lasseter’s pattern of misconduct given the present climate in which people with the kind of power that you have can reasonably be expected to step up to the plate. (…) If a man has been touching women inappropriately for decades, why would a woman want to work for him if the only reason he’s not touching them inappropriately now is that it says in his contract that he must behave ‘professionally’ ? »

 

LIRE LA LETTRE

 

Docu(l)-série 

En 2016, avec la docu-série Gaycation, Elle Page et son meilleur ami partent à la découverte des communautés LGBTQ du monde entier. Qu’est-ce que signifie être lesbienne au Japon ? Comment se relève Orlando après l’effroyable tuerie de Juin 2016 ? Qui sont les acteurs du mouvement pro-gay rights en Jamaïque ? Chaque épisode d’une quarantaine de minutes explore au travers de portraits de lieux et d’anonymes, des rencontres, des histoires, inspirations invariables quel que soit notre genre ou notre orientation.

 

 

 

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