22-02-2019

Gender&Series#6

« Genre ».

 

Tic de langage semi-argotique mais surtout sujet de société aux enjeux majeurs, ce mot et sa représentation à l’écran font débat.`

 

Clichés, stéréotypes, discriminations : certaines séries se racontent parfois sous le soleil des tropismes.

Sous celui de Canneseries, on aimerait essayer de comprendre les dynamiques à l’œuvre et de mettre à disposition chaque semaine une sélection d’articles et d’études décryptant ce thème.

Derrière ou devant la caméra, comment sont racontés, employés les individus, et les genres auxquels ils s’identifient ? Qui a voix au chapitre quand on creuse l’envers du et des corps ?

 

Le saviez-vous ?

  

Qu’est-ce que le Gender-Swap ou Gender-Flipping à l’écran ? Sorte de freaky friday du genre, il s’agit de la tendance à inverser le genre de personnages iconiques ou populaires, de réécrire le film ou la série en faisant d’un rôle féminin un rôle masculin et inversement.

 

Souvent utilisé pour des adaptations de comics, le Gender-Swap est parfois critiqué et peut même dans le cas de certains films comme Ghostbusters, pré-condamner carrément le succès éventuel de la sortie en salles sur le principe qu’il va à l’encontre de la mythologie originelle du contenu.

 

Mais malgré le débat, cette technique scénaristique déjà observée en 1940 dans le film His Girl Friday, peut bel et bien faire mouche. Sans pour autant changer l’ADN de l’histoire, Lucy Liu en Sherlock Holmes dans Elementary ou Jodie Whittaker en Doctor Who, donnent un nouveau souffle et de nouvelles perspectives à des personnages déjà repris par de nombreux homologues masculins. Après tout, voyager à travers le temps et les époques ne conduit pas aux mêmes péripéties selon qu’un homme ou une femme sorte de la fameuse cabine téléphonique.

 

Le gender-flipping c’est aussi parfois l’occasion de faire évoluer un personnage en lui donnant une nouvelle identité, dans un sens comme dans l'autre. Dans le cas du personnage féminin Jeri Hogarth, avocate dans Jessica Jones, s'opère en fait une récupération d’un personnage masculin pré-existant, celui de Jeryn Hogarth, autre avocat de l’écurie Marvel pioché discrètement dans Heroes for Hire.

 

Un pari(té?) qui permet de rééquilibrer la représentation des femmes à l’écran, et d’élargir l’éventail des rôles qui leur sont proposés, en jouant des personnages initialement tenus par ou écrits pour des hommes.

 

EN SAVOIR PLUS

 

Étude

 

Julia T.Wood a récemment publié une étude décryptant l’influence des médias sur la thématique du genre. Reprenant notamment les représentations faussées du rêve américain, l’étude présente pour mieux les déconstruire, les stéréotypes qui touchent les hommes et les femmes dans le paysage télévisuel et médiatique américain.

 

TÉLÉCHARGER L’ÉTUDE 

 

Si j’avais un marteau…

 

A vos maroufles ! Le show-série Grand Designs, programmé à la télévision britannique depuis belle lurette, a débarqué sur la plateforme Netflix il y a peu et laisse légèrement perplexe. Le spectateur se retrouve souvent partagé entre une franche envie de voir s’ériger d’étranges bâtissent au beau milieu de la cambrousse anglaise et le côté un peu voyeur d’observer des couples d’inconnus se déchirer sur fond de problèmes budgétaires et stéréotypes conjugaux parfois poussifs. On vous laisse découvrir l’article de Zach Helfand du New-Yorker sur le sujet.

 

LIRE L’ARTICLE

 

 

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