Info / 13-02-2019

Gender&Series#5

 

« Genre ».

Tic de langage semi-argotique mais surtout sujet de société aux enjeux majeurs, ce mot et sa représentation à l’écran font débat.

Clichés, stéréotypes, discriminations : certaines séries se racontent parfois sous le soleil des tropismes.

Sous celui de Canneseries, on aimerait essayer de comprendre les dynamiques à l’œuvre et de mettre à disposition chaque semaine une sélection d’articles et d’études décryptant ce thème.

Derrière ou devant la caméra, comment sont racontés, employés les individus, et les genres auxquels ils s’identifient ? Qui a voix au chapitre quand on creuse l’envers du et des corps ?

 

Le saviez-vous ?

 

Malgré son petit nom joyeux, le principe de la schtroumfette n'a rien de schtroumfant et ne s'applique pas qu'aux bouilles bleues qui gigotent au milieu de leur village-champignon.

Evoqué par la critique américaine Katha Pollitt il y a plus de 20 ans, ce tropisme illustre une sur-représentation des personnages masculins au détriment des protagonistes féminins dans un contenu audiovisuel ou littéraire. En effet, la schtroumfette est l’unique personnage féminin de la bande-dessinée de Peyo, et la seule à n’être identifiée que par son genre ; contrairement à ses camarades dont les traits de caractère déterminent l’identité qu’ils soient grognon, coquet ou farceur.

Bien que les femmes représentent la moitié de la population mondiale, elles sont souvent en minorité dans de nombreux films et séries, encourageant non seulement une vision biaisée du rôle et de l’importance des femmes dans la société mais aussi, de temps à autres, un renforcement assez caricatural de clichés genrés. Femme-enfant délurée dans New Girl, ou blonde bimbesque un peu écervelée au milieu d’une bande de geeks dans Big Bang Theory, les séries n’échappent pas à la règle et tombent parfois dans ce qui tient plus du travers que du principe. Stranger Things, Seinfeld ou même encore les Muppets sont concernés mais on note tout de même une raréfaction de ce processus narratif qui enferme parfois les personnages dans des rôles stéréotypés.  

 

 

Étude

 

Le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel ou CSA pour les intimes, réalise et commande depuis quelques années des études relatives aux stéréotypes féminins, notamment sur les clichés véhiculés dans les séries de fiction, d’animation et les émissions de divertissement sur les écrans de télévision française.

 

En 2018, plusieurs tendances à noter : une amélioration des rôles tenus et du nombre de femmes représentées mais aussi une sous-représentation des femmes de plus de 50 ans.

 Dans l’ensemble, les femmes tiennent plus de rôles de personnages principaux (40,2% en 2018 contre 33% en 2016), et dans les séries la proportion de femmes « héro.ïnes », a augmenté de 2 points entre 2016 et 2018, atteignant le taux de 44 % en 2018.

 Mais petit bémol, loin de la réalité sociologique française 36 % des individus à l’écran sont des femmes de 20 à 34 ans alors qu’elles ne représentent que 17 % de la population active. A l’inverse, seulement 18% des individus de plus de 50 ans sont des femmes, alors qu’elles représentent 41% de la population active.

 

TÉLÉCHARGER L’ÉTUDE DU CSA

 

Festival

 

Juliette Binoche, présidente du 69e Festival international du film de Berlin qui s’est ouvert le jeudi 7 février a salué le net progrès dans la proportion de films en compétition officielle réalisés par des femmes. Sept des 17 films en sélection seront en compétition pour recevoir dans quelques jours la récompense suprême, l’Ours d’or du meilleur film.

 

 

 Pour le plaisir 

 

Un article qui fait du bien, et qui passe au crible le rapport au corps et son évolution dans le monde des séries. 

 

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